
Voici un long texte de René Barbier, dont il était prévu qu’il soit édité, sous le titre provisoire : L’Ouverture éducative. L’Orient et l’Occident s’interpellent, un universitaire s’interroge… Le Journal des chercheurs vous donne à lire les 203 page de ce projet éditorial datant de 1997, qui pour diverses raisons n’a pas été mené à bien, ce qui n’enlève rien à son grand intérêt.
Il s’agit à la fois d’un témoignage biographique et d’une réflexion épistémologique : invitation à dépasser le positivisme étroit des sciences de l’éducation, à croiser les disciplines et les cultures, à former des éducateurs capables d’écoute sensible, de créativité et d’universalité face aux défis écologiques, sociaux et spirituels contemporains.
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En voici quelques éléments résumés, pour donner l’envie d’aller y voir plus avant :
— Contexte et genèse (entretien avec Jean-Louis Le Grand) : René Barbier, sociologue du travail et poète, retrace son parcours universitaire depuis Paris VIII, née dans l’effervescence post-1968. Il décrit son basculement de la sociologie du travail vers les sciences de l’éducation pour y intégrer l’imaginaire, la poésie et l’ouverture interculturelle.
— Approche Transversale : Dans les années 1980-1990, formalisation d’une « Approche transversale » articulant trois dimensions de l’imaginaire : Pulsionnel-personnel (psychanalyse, subjectivité). Social-institutionnel (Castoriadis, Bourdieu). Sacral-mythopoétique (Durand, Eliade, sagesses orientales). Cette approche appelle une triple écoute : clinique (expérience vécue), philosophique (valeurs et sens), poétique (imprévu et symbolique).
— Anthropologie culturelle de l’éducation : distinction entre une anthropologie interne (socialisation des minorités dans une culture dominante) et externe (analyse des cultures « autres » et de leurs pratiques éducatives). L’objectif : questionner notre ethnocentrisme et repenser nos formes d’éducation à l’heure des crises écologiques et sociales.
— Pédagogie interculturelle : développement une « pédagogie d’immersion secondaire », utilisant des objets épistémiques de provocation et la recherche-action pédagogique pour faire ressentir aux étudiants d’autres visions du monde (témoignages, travaux collectifs, haïkus, créativité, Krishnamurti).
— L’éducateur, passeur de sens : l’éducateur est vu comme un « passeur vers l’autre rive ». Il doit relier savoir scientifique et connaissance intérieure, Einstein et Saint-Jean de la Croix, médiation et défi.
— Sens en éducation : trois acceptions : Sens-direction : finalité de la vie. Sens-signification : réseau de symboles et mythes. Sens-sensation : inscription corporelle et sensorielle. L’éducation nourrit et conduit, transmet savoirs et « vitamines de l’être ».
— Médiation et défi : l’éducateur doit provoquer le « désordre établi », relier individu et société, savoir et spiritualité, tout en restant lucide et critique face aux dérives sectaires ou technocratiques.
— Perspectives : plaidoyer pour une écoformation (avec Gaston Pineau), une éducation à l’environnement humain et naturel, et un renforcement des axes anthropologique, philosophique et créatif dans les universités.