En 2007, à la suite du décès de l’abbé Pierre, René Barbier publiait dans le premier Journal des chercheurs un article (ici) mettant en valeur les qualités d’engagement de l’abbé en faveur des plus démunis, des sans-logis. René Barbier évoquait, en plus ce ces aspects bien connus de la vie de l’abbé, d’autres facettes de son action, entre autres ses prises de position en faveur de l’ordination des hommes mariés, de l’ordination des femmes également, en faveur aussi de l’usage du préservatif dans la lutte contre le sida et les maladies vénériennes, ceci contrairement aux voix de Rome. D’autres choses encore, allant dans le bon sens (et pleines de bon sens).
Mais depuis 2007, ce qui n’était alors généralement pas connu du grand public et ne l’était que d’un cercle relativement restreint autour de l’abbé Pierre, un grand nombre de critiques se sont exprimées sur la personnalité même de l’abbé, ses dérives sexuelles répréhensibles entre autres, mais pas seulement. Aussi peut-on se demander comment René Barbier aurait amendé son article de 2007 s’il avait eu connaissance des turpitudes de l’abbé que l’on sait aujourd’hui.
Un article du Canard enchainé du 27 décembre 2025 fait le point :

Soucieux de ne pas laisser imaginer que le nouveau Journal des chercheurs, en ayant republié l’article sur l’abbé Pierre de 2007, fait l’impasse sur tout ce qui a été révélé depuis, cette page veut simplement rétablir un équilibre entre la vision positive de l’époque de René Barbier, et ce que les faits contraignent aujourd’hui à ajouter de contrastes très préoccupants et désagréables au personnage de l’abbé jadis adulé en France (et ailleurs).
Celles et ceux qui ont pu bénéficier de l’aide qu’un moment l’abbé Pierre a pu leur apporter dans leur dénuement continueront de lui en être reconnaissants ; quant à ses victimes (ici), il en va naturellement autrement, et il convient de ne pas les oublier elles non plus.