Le versant existentiel de l’autoéduction, Acte 2 : Philosophie et épistémologie de l’autoéducation existentielle 

par Christian Verrier, 2026

Le Journal des chercheurs publie à la suite quatre articles traitant de l’autoéducation sur le versant existentiel. Précision nécessaire d’abord : on préfère dans ces articles parler d’autoéducation plutôt que d’ « autoformation », terme devenu beaucoup plus consensuel et habituel aujourd’hui. Les arguments scientifiques privilégiant le terme « autoformation » sont nombreux et tout à fait sérieux ; en un certain sens par l’ajout au préfixe « auto » à « formation », l’individu se donne sa propre forme.

Si le terme « autoéducation » sera cependant dans ces articles préféré à celui d’autoformation (alors qu’ils sont souvent presque synonymes 1) c’est qu’« éducation » semble peut-être mieux inclure les dimensions éthique, philosophique et politique de la vie, avec des processus d’élaboration du jugement, de discipline de soi, d’émancipation, d’autonomie critique.

L’ordre de présentation de ces articles est le suivant :

Acte 1 — L’autoéducation existentielle (présentation générale) ICI

Acte 2 — Philosophie et épistémologie de l’autoéducation existentielle – ci-dessous

Acte 3 — Expérimentation de soi et expérience fortuite (dimension expérientielle) ICI

Acte 4  — Pour une autoéducation existentielle à portée politique (dimension politique) ICI

Les quatre textes peuvent se lire dans cet ordre, ou dans celui choisi par le visiteur.

Acte 2 : Philosophie et épistémologie de l’autoéducation existentielle :

L’autoéducation engage une conception particulière de l’éducation, un regard différent de ceux habituellement vulgarisés, mais aussi, plus largement, un positionnement philosophique particulier. Ce petit texte tente de mettre en lumière un individu implicitement considéré comme capable d’exprimer sa liberté relative, son autonomie et son indépendance, ses virtualités d’acteur, malgré les contraintes sociales et psychologiques pouvant peser sur lui.

Naturellement, une certaine vision de l’être humain est à l’origine de ce choix, et s’arrêter un moment sur cet « engagement » philosophique (et par conséquent sur la philosophie de l’éducation plus largement) est utile, et ce sera aussi l’occasion, en un prolongement logique, de dire quelques mots de l’ « autos », cette instance interne à chacun qui détermine notre autonomie et notre capacité à l’indépendance.

Lire la suite (9 pages) : ICI

  1. Nous préférerons utiliser ici «  autoéducation », considérant que l’étendue du terme « éducation » (incluant le sens large de « développement humain ») englobe le phénomène de formation (se former à quelque chose, mieux encore se donner sa propre forme) et le dépasse, en un approfondissement existentiel du processus d’individuation. Pour évoquer cette croissance de soi qu’au final seul peut entretenir l’individu lui-même pour lui-même, d’autres auteurs emploient ou ont employé eux aussi ce terme autoéducation (Albert Bandura, Carl Gustav Jung, Jiddu krishnamurti, Maria Montessori, Jean-Jacques Rousseau, etc.), et on se rangera de leur côté. Mais il s’agit seulement d’une préférence, la discussion reste ouverte sur le choix le plus judicieux entre les termes formation et éducation, qui ont chacun leurs partisans. Pour une approche des perspectives des autoformation existentielle et expérientielle, voir le riche ouvrage de Patrice Galvani : Autoformation et connaissance de soi. Une méthode de recherche-formation expérientielle, Lyon, Chronique sociale, 2020 (voir aussi Christian Verrier, Regards actuels sur l’autodidaxie et les autodidactes, Pétra, 2023, pp. 237-238). ↩︎