Emancipation et éducation populaire

par Christian Verrier 2015

Définition canonique de l’éducation populaire, ou qui pourrait l’être : « L’éducation populaire regroupe l’ensemble des pratiques, associations et institutions qui cherchent à rendre le savoir accessible à tous et à favoriser l’émancipation individuelle et collective ». Ou encore :  « L’éducation populaire en France relève à la fois d’un idéal d’émancipation et de pratiques associatives de formation du citoyen ancrées dans des cadres collectifs ».

La plupart des définitions de l’éducation populaire disponibles, plus ou moins pertinentes selon les points de vue, sont à peu près unanimes pour mettre en avant l’idéal  d’émancipation.  Mais qu’est-ce que l’émancipation, comment contribuer à la mieux comprendre ? Une petite pierre supplémentaire à la réflexion.

L’émancipation et ses détournements

Ce qui va empêcher l’émancipation, hormis des situations de domination despotique et violente, relève de facteurs  innombrables, de l’ordre d’une autorité extérieure apparemment consentie. On y verra même de la soumission perçue comme telle, acceptée, voire attendue. On pourra parler de servitude volontaire, difficilement compréhensible au jeune philosophe ami de Montaigne [1], de jeux d’imposition de l’autorité sous ses divers atours assez bien démontrés par la psychologie sociale [2], d’intériorisation de normes dominantes si on en croit la sociologie déterministe de la domination, de réflexe béhavioriste enfermant pour le psychologue traditionnaliste, et pour le psychanalyste d’inconscient collectif ou d’inconscient tout court avec un surmoi interdicteur implacable…

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[1] Etienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Paris, Mille et une nuits, 1997, 63 p.

[2] Stanley Milgram, Soumission à l’autorité, Paris, Calmann-Levy, 1994, 290 p.