par René Barbier, années 2000-2010
Le Journal des chercheurs propose un schéma-pyramide sans doute présenté et commenté par René Barbier dans un cours, une conférence, ou une autre instance, dans les années 2000-2010. Le commentaire oral de la pyramide a certainement d’abord été enregistré en audio, puis possiblement transcrit par un logiciel quelconque.
La pyramide de l’expérience humaine commentée par René Barbier :

Je parle d’expérience humaine pour la distinguer de l’expérience scientifique. Ce qu’on peut appeler l’expérientialité, c’est l’expérience qui se concrétise dans une façon d’être au monde.
La pyramide de l’expérience humaine est une pyramide avec une base et un sommet.
La base est constituée de trois concepts : le réel imaginaire, le symbolique et le sommet, l’expérience
Les trois concepts de la base, le réel l’imaginaire et le symbolique, renvoient à une certaine théorisation lacanienne, que je reprends ici avec ma propre interprétation.
Le réel, d’abord, c’est justement ce qui nous échappe sans cesse ce qui est de l’ordre, comme le dit Lacan, du non symbolisable, c’est-à-dire de l’ordre des noumènes chez Kant, ce monde qui est pourtant un autre monde mais qui nous constitue. Le réel, c’est l’univers, c’est l’énergie, c’est toute chose qui nous fait exister.
L’imaginaire est à la fois un processus et un résultat. Un processus lié à notre faculté d’imagination qui s’active à partir de notre prise en considération du réel qui nous échappe, mais en rapport avec lui sont produites des images pour mieux l’apercevoir, le donner à voir.
Le symbolique est à la fois tout l’univers des signes et l’univers de la reliance. celui du langage, à la fois du signifié et du signifiant, mais aussi de la grammatologie (étude des signes graphiques), de la façon dont tout cela s’organise dans la linguistique ; et c’est aussi ce qui permet aux êtres humains de communiquer. Par « monde symbolique » nous nommons ce monde, et nous pouvons le caractériser, le classer, le repérer.
Tout cela est lié au sommet de la pyramide, à l’expérience humaine : expérience singulière que nous avons de la base constituée du réel, de l’imaginaire et du symbolique.
L’expérience humaine, que je nomme « l’expérientiel », est la manière dont nous nous incorporons et nous vivons le monde, constitué des trois instances déjà nommées. Cet expérientiel est spécifique et nous fait comprendre le monde d’une manière tout à fait personnelle, à nulle autre pareille d’une certaine façon.
Cette pyramide détermine quatre champs d’expérientialité (en bas du schéma sous la pyramide) :
Le premier E-I-S, est le champ de l’existence.
Le second E-R-I est le champ de l’art.
Le troisième E-R-S est celui de la science.
Un quatrième champ met en rapport R-I-S et constitue notre réalité, qui est aussi notre spiritualité.
Et enfin, la faculté d’imaginer ou imagination, faculté cérébrale, unit l’expérience à l’imaginaire.
La raison vient relier l’expérience vécue au champ symbolique.
La méditation sans objet, ou encore l’intuition réunit l’expérience à ce réel insondable et non symbolisable.
Cette figure montre à quel point l’expérience que nous avons singulièrement du monde est complexe et relie des catégories, des instances qui constituent notre mode de compréhension de notre perception du réel.