Les conceptions de René Barbier de la recherche-action : de la recherche-action existentielle à la recherche-action transpersonnelle.

Désireux de réduire ses activités, en 2013 René Barbier avait demandé à Christian Verrier de le remplacer lors d’une journée d’études sur la recherche-action à Angers – 8 février 2023 -, organisée par ARIFTS-SAFRANTS (formation aux métiers éducatifs et sociaux) sur le thème de la recherche-action  existentielle et transpersonnelle. Voici ci-dessous le texte rédigé en cette occasion par C. Verrier, à partir des conceptions de René Barbier de la recherche-action.

NB : Sur le même thème, à écouter également sur le Journal des chercheurs : :http://journaldeschercheurs.fr/wp-content/uploads/2022/10/recherche-action-transpersonnelle.wav

Ce qui suit est une courte présentation de la conception de René Barbier de la Recherche-action existentielle puis transpersonelle, très différentes de la recherche-action habituelle. Cette présentation est volontairement succincte, mais donne au lecteur intéressé la possibilité d’aller plus loin pour mieux connaitre cette approche singulière.

Outre l’importance du trait d’union reliant “recherche” et “action” dans l’expression « recherche-action », René Barbier souligne qu’avec ce type de recherches, il s’agit de tenter une transformation de la réalité, et de comprendre comment opère cette transformation. Pour René Barbier, la recherche-action n’est pas à proprement parler une recherche sur l’action, mais avant tout une recherche de transformation par l’action de recherche, avec l’intermédiaire d’un « chercheur collectif ». Travaillant tout d’abord sur la recherche-action dans l’institution éducative dans les années 1970[1], René Barbier en viendra progressivement dans les décennies suivantes à théoriser la recherche-action existentielle, puis la recherche-action transpersonnelle. Ce sont ces deux dernières formes de recherche-action  qui retiendront ici notre attention[2].

                                            1 – Recherche-action existentielle

Avant d’entrer dans une description rapide et inévitablement sommaire de ce qu’il nomme la « recherche-action existentielle », pointons que René Barbier intègre à sa démarche plusieurs aspects  des recherches participantes, avec participation active d’acteurs de terrain : le problème à résoudre par la recherche naît dans le groupe-collectif qui le cerne, va l’analyser et autant que possible y apporter solution ; la recherche vise essentiellement à transformer la réalité vécue par le groupe-collectif concerné ; le groupe-collectif, ou au moins bon nombre de ses membres, doit participer à la recherche ; la recherche peut faire prendre conscience à ses acteurs de leurs ressources insues ; la participation des membres affine leurs capacités d’analyse et assure une réelle prise en compte des réalités qu’ils connaissent bien, et en ce sens la recherche participante se réclame d’une scientificité au moins égale à celle des recherches classiques ; ce type de recherche implique souvent des groupes-collectifs éloignés des postes de pouvoir et de domination : pauvres, marginaux, exclus, déviants[3] ; et, enfin, l’engagement du chercheur est indispensable.

Bien que souscrivant à ces spécificités des recherches avec participation des acteurs de terrain, des praticiens, René Barbier considère néanmoins qu’elles ne prennent pas en compte nombre de dimensions de l’être humain, dimensions fondamentales de chacun d’entre nous mais peu explorées habituellement. Cette considération va ouvrir sur la R-A existentielle personnelle et collective, et plus tard sur des éléments transpersonnels quand la démanche se fera encore plus intérieure et spirituelle pour chacun et pour le collectif demandeur.

Car ce sont le plus souvent les acteurs des crises et des changements traversés par le groupe ou l’institution qui non seulement vont en appeler à la R-A existentielle, mais vont aussi la légitimer dans son efficacité et sa fiabilité. Ainsi, la légitimation ne vient plus tant de la cité savante, mais plutôt de son utilité sociale, individuelle, politique, humaine, reconnue comme telle par les personnes concernées et s’impliquant dans la démarche.

A travers la demande qui lui est adressée, en plus des habituelles questions liées à l’institution,  la R-A existentielle va s’efforcer de prendre de front des thèmes ancrés dans l’affectivité humaine : naissance, amour et passion, vieillesse, mort, souffrances, vie sociale alternative, interculturalité, etc. Et, effectivement, la R-A existentielle ainsi déclinée atteint parfois, à la fois par sa méthode, les contenus développés et sa multiréférentialité[4] revendiquée, les limites d’une scientificité « admise » par l’académisme scientifique tel qu’il est aujourd’hui, pour finalement aborder des terrains où chaque chercheur aura à affiner sa démarche propre, singulière, s’adaptant à chaque situation, ce qui fait que chaque R-A existentielle est difficilement prévisible, même si l’on peut en définir les progressions principales (voir en annexe le processus d’une R-A existentielle)

Afin de bien en rendre compte, René Barbier écrit que la RAE telle qu’il la théorise est :

…un art… autrement dit un processus de création, dont on ignore à l’avance et avec précision ce qu’il va produire, tant il est lié aux personnes qui font la recherche, lié aussi à l’intuition, à l’improvisation, à la créativité. De ce point de vue « artistique », la R-A existentielle est ouverte aux questions philosophiques, aux ressentis poétiques, aux spiritualités, aux  sagesses  ancestrales de l’humanité[5], qui toutes peuvent aider à aborder les situations limites de l’existence individuelle et collective, qui font le cœur du questionnement (naissance, vie, mort…) ;

…de rigueur clinique… il s’agit d’être rigoureux avec les concepts et théories qui vont pouvoir être mobilisés de façon multiréférentielle par le collectif en recherche, avec la conscience que les champs scientifiques et de réflexion sont limités, incertains quelquefois. La rigueur est aussi confrontation continue, au cours de l’avancée, avec les objectifs de départ ; elle est également prise en compte et analyse suivie de l’implication et de l’engagement du chercheur, qui est partie prenante par ses émotions qu’il ne peut laisser de côté, mais aussi par ses sens, son imagination, son sens du rationnel ;

…développé collectivement… si une analyse ou une auto-analyse existentielle individuelle est possible, il ne peut y avoir de R-A existentielle sans qu’un collectif participant soit mobilisé. Comment tenter de connaître ce qui intéresse la R-A existentielle sans que chacun des acteurs du « chercheur collectif » (voir plus bas) soit un « actant » impliqué dans la recherche ? C’est le collectif lui-même et les interactions réflexives et affectives qui vont décupler les capacités d’analyse de la R-A existentielle. Mais rien n’est prévu ni assuré d’avance, si ce n’est l’acceptation de l’hypothèse rogérienne d’une croissance continue de l’être humain[6], tant sur le plan individuel que groupal ;

…en vue de l’adaptation relative de soi au monde… chacun doit sortir changé de l’expérience de la R-A existentielle, grâce au vécu du chercheur collectif mais aussi grâce à l’analyse des questions existentielles examinées, dans lesquelles chacun peut se reconnaître. Les points de vue changent sur le problème qui a engendré la recherche, et quand l’aspect existentiel de ce problème est bien marqué, c’est la relation de la personne au monde qui se trouve potentiellement modifiée.

Le chercheur collectif                                                                  

Poutre maîtresse de la R-A existentielle, le chercheur-collectif[7] est un groupe de recherche constitué à la fois de membres très impliqués par le problème de départ, et de chercheurs professionnels. Le chercheur collectif se réunit aussi souvent que nécessaire durant toute la durée de la recherche, pour développer les réflexions collectives et faire évoluer les analyses et les hypothèses. Il doit être composé de façon équilibrée, entre praticiens du terrain et chercheurs professionnels, tous impliqués fortement par la situation de crise engendrant la recherche, et ouverts à des questionnements d’ordre existentiels. Le chercheur professionnel devra prendre garde à ne pas trop influencer les réflexions du chercheur collectif, ni à être trop influencé par elles ; il devra être à l’écoute des besoins et de ce qui se dit dans le groupe, pour apporter quand c’est utile les notions et concepts pouvant manquer aux praticiens de terrain. Cette façon de chercher ensemble au sein du chercheur collectif – ce qui peut ne pas être sans conflits, le groupe chercheur collectif est comme tout autre groupe soumis aux règles communes de la vie groupale – est aussi un exercice de coformation entre chercheurs professionnels et acteurs de terrain.

Le rapport de recherche, les publications

Le rapport de recherche de R-A existentielle comportera des parties différentes, écrites par le plus grand nombre possible de membres du chercheur collectif. Puisque écrit par des membres ayant des formations très diverses et peut-être très éloignées de l’université et de l’académisme, le rapport comportera des aspects inhabituels dans un rapport de recherche traditionnel : pourront y figurer des parties très personnelles, écrites avec émotion et reflétant celle vécue pendant la recherche, parfois même des parties « naïves », à côté d’éléments conceptuels et théoriques plus classiques. Certains membres du chercheur collectif, plus à l’aise dans ces modes d’expression pourront écrire poétiquement, voire faire des dessins, insérer des photographies ayant des liens avec la recherche et l’illustrant. Le chercheur professionnel pourra en ressentir une sorte de gène académique, ses collègues pourront juger son travail peu sérieux, mais c’est en partie dans ce type de rapport que l’on trouvera rapportée avec le plus de fidélité la nature essentielle et très particulière de la R-A existentielle. Le chercheur professionnel, au sein du chercheur collectif, veillera toutefois à équilibrer les différentes parties, afin que l’émotion, l’imaginaire ou la créativité ne viennent pas supplanter les dimensions plus conceptuelles et théoriques, et inversement.

Et, naturellement, le chercheur professionnel pourra toujours, ultérieurement ou parallèlement à ce rapport, publier un article classique dans une revue scientifique à destination de la cité savante, pour décrire et expliquer sa démarche particulière, la justifier sur le plan épistémologique.

A titre d’exemple, à la fin des années 1980, une R-A existentielle eut lieu dans un grand hôpital pour une meilleure écoute des mourants et des souffrants[8]. Un rapport collectif de recherche de plus de cent pages répondant aux caractéristiques énoncées ci-dessus fut rédigé par les infirmières et aides-soignantes du chercheur collectif. La R-A existentielle consista en définitive à mieux se former à l’écoute des mourants, ce qui engendra des changements de représentations et de comportements chez chaque participante confrontée à la souffrance et à la fin de vie, grâce à une modification de son « existentialité interne », avec comme visée supplémentaire une transformation relative de l’institution hospitalière. Il apparut qu’il faudrait beaucoup de temps pour que l’institution change, mais chacune des participantes pouvait concrètement et sans attendre changer son comportement en fonction de sa nouvelle vision du monde. Si pour l’hôpital en général rien ne semblait bouger, pour le malade, l’attitude existentielle « neuve » de l’infirmière, son écoute sensible à son égard était une révolution considérable. Une présence humaine et attentive permettait au mourant de prendre la parole sur sa propre mort, sans plus de fuite, d’esquive ou de langue de bois habituelles dans ces situations.

2 – Recherche-action transpersonnelle

La recherche-action transpersonnelle, que René Barbier développe à partir du début des années 2000, peut être vue comme l’approfondissement méthodologique, philosophique et spirituel de la dimension existentielle de la R-A existentielle. Elle constitue une tentative de faire de la recherche-action un outil encore renforcé de transformation ontologique de soi et du groupe concerné, en creusant le rapport de chacun à lui-même, à autrui et à la nature, à ce qui existe.

La R-A transpersonnelle s’inspire pour partie de la psychologie transpersonnelle[9], qui s’essaie à mieux connaître l’être humain grâce à des dimensions habituellement ignorées de la psychologie instituée, dimensions spirituelles, émotionnelles, corporelles, cognitives et créatrices. La R-A transpersonnelle intègre également les développements de la psychanalyse, de l’approche cognitvo-comportementale, de la bioénergie, tout en prenant en compte les apports possibles de pratiques spirituelles comme la méditation, considérées comme moyens pour l’être humain de dépasser ses limites habituelles de concentration et de communion avec le profond du réel.

Se tenant à distance du New Age vers lequel une telle démarche pourrait entraîner, la R-A transpersonnelle,  comme la psychologie transpersonnelle, tente d’intégrer les découvertes nouvelles de la physique quantique relatives aux différents états de conscience, pour essayer de mieux comprendre les relations s’établissant entre l’être humain et l’univers qui l’entoure. La « reliance[10] » est un mot-clé de la R-A transpersonnelle, qui affirme que tout est relié, dans nos vies et dans l’univers vivant, la transdisciplinarité (Basarab Nicolescu) et la complexité (Edgar Morin) étant deux autres entrées fondamentales dans le lexique de ce type de recherche.

Si le transpersonnel n’est en rapport avec aucune religion, la R-A transpersonnelle est pourtant sensible à la dimension du sacré (la Nature par exemple) et à celle de « spiritualité laïque[11] », toutes deux dégagées de toute idée de Dieu. Si elle ne méconnaît pas la prégnance des religions et des croyances sur nos sociétés humaines, elle en connaît aussi les dimensions d’illusion qui les font vivre.

La R-A transpersonnelle serait une aspiration au dépassement de soi par l’esprit, le spirituel,  une tension consciente vers l’inclusion dans un ensemble encore plus vaste et dynamique que la personne elle-même, le social et la culture. Par le biais de la physique moderne, entre autres, la démarche transpersonnelle serait ouverture aux questionnements de l’être humain en lien interrogatif avec l’univers, le cosmos, l’infini, l’éternité, en autant d’interpellations philosophiques et existentielles. Finalement, quelle est la place de l’homme dans la nature, dans l’existant ?, question à explorer en sachant qu’elle s’inscrit dans une spiritualité laïque.

Plus pratiquement, la R-A transpersonnelle est ainsi, avant tout, une expérience intérieure et personnelle, même si elle est menée en groupe. Il s’agit bien d’une recherche, c’est-à-dire une manière de donner, de prêter du sens aux mots, aux actes, aux réalisations humaines qui jalonnent une existence individuelle et collective, ce qui peut être ramené à la question posée par Bouddha : « Pourquoi y-a-t-il vieillesse, maladie et mort » ? ou celle de Leibniz : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ».

La R-A transpersonnelle est une recherche-action communautaire qui se développe par des interrogations collectives et réciproques, au sein de groupes (chercheur collectif), disposés à se questionner en profondeur sur les problématiques proposées par le transpersonnel. Il est évident que la démarche s’appuie sur l’existence quotidienne, très incarnée, très sensorielle, des personnes participant à ces groupes.

Lors du travail en groupe, toujours basé sur le développement de chaque intériorité, les questions essentielles sont approfondies. Le rapport à la mort, à la maladie, au quotidien, est au centre des interrogations. De nombreuses approches en sciences humaines, en art, en sagesses, y sont admises, comme dans la R-A existentielle la multiréférentialité est indispensable.

Durant ce questionnement des « éclairs d’élucidation » empruntent à plusieurs registres intellectuels, intuitifs et poétiques. Ils sont multiréférentiels et relèvent du domaine « clinique », c’est-à-dire du vécu compréhensif entre les personnes participantes. Ne sont exclues des échanges – pas plus que du rapport ou des écrits qui pourront suivre – ni la raison, ni l’émotion, ni l’imagination. Plus avant, ces éclairs d’élucidation demandent la reconnaissance de la « non-pensée », au sens oriental du terme, en un passage par la méditation sans objet, le silence intérieur.

Bien conduite, la R-A transpersonnelle peut aboutir à une « autorisation noétique[12] », d’un niveau de réalité jusque là encore non exploré, qui relie ce qui est séparé et distingue ce qui est confondu, rappelant la « pensée du fond » de Heidegger, ou l’« intelligence » de Jiddu Krishnamurti, ou l’ « intellect illuminateur » de Jacques Maritain, ou encore l’ « entendement » de la « substance » de Spinoza. Le sentiment alors éprouvé par la personne pouvant être proche de celui que le même Spinoza appelait « joie[13] ».

Pour que ces thématiques soient abordées avec le plus de richesse possible et d’une façon vraiment multiréférentielle, René Barbier imagine un chercheur collectif de R-A transpersonnelle qui serait composé d’un ethnologue, d’un psychologue clinicien, d’un biologiste, d’un sociologue, d’un moine zen, d’un poète, d’un peintre, d’un géographe, d’un historien, d’un philosophe des religions…

De façon encore plus affirmée que dans la R-A existentielle, la R-A transpersonnelle  vise finalement à inscrire la vie de chacun dans le processus de la nature. Si l’on considère que l’évolution de notre civilisation contemporaine nous prédispose à envisager la réalité sous un angle presque uniquement économique, marchand et compétitif, en rejetant les interrogations essentielles sur le sens profond du rapport à la vie, la R-A transpersonnelle quant à elle privilégie l’inscription de l’homme dans un rapport signifiant avec la nature, y compris dans sa dimension sacrée. Elle contribue à l’expression de questionnements enfouis en chacun de nous, en tentant d’ouvrir le questionnement de recherche à d’autres horizons que la rationalité cartésienne ou le raisonnement fonctionnel, tout en les connaissant et les incluant par avance dans la démarche de recherche.

Christian Verrier, 2013

ANNEXE

[1] Voir : René Barbier, 1977, La recherche-action dans l’institution éducative, Paris, Gauthier-Villars, 228 p. ; René Barbier, 1996, La recherche-cation, Paris, Anthropos, 112 p. René Barbier est aujourd’hui professeur de sciences de l’éducation émérite de l’Université de Paris 8 Saint-Denis. Il est actuellement conseiller scientifique au CIRPP, Centre d’innovation et de recherche en pédagogie de Paris, centre développant plusieurs innovations pédagogiques selon des méthodologies proches de la recherche-action telle que préconisée par René Barbier.

[2] Hormis bien entendu les écrits de René Barbier lui-même, la rédaction de ce texte doit beaucoup aux travaux de synthèse des R-A existentielle et transpersonnelle disponibles sur internet, dont nous remercions les auteurs pour les emprunts que nous leur faisons.

[3] Voir  Geneviève Tardieu, 2012, L’Université populaire Quart Monde. La construction du savoir émancipatoire, Presses Universitaires de Paris Ouest, 377 p. Prix de thèse René Rémond 2011 de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense.

[4]  Concept forgé par Jacques Ardoino.  Grâce à des regards pluriels, la multiréférentialité tente d’apporter une réponse à la complexité prêtée à certains objets (théoriques et pratiques) dont on ne pourrait, autrement, permettre l’intelligibilité. Elle tente d’apporter un « plus » aux inter-, multi-disciplinarité. Pour une introduction à la multiréférentialité : Jacques Ardoino, 1977, Education et politique, Paris, Anthropos, 395 p.

[5] Par « sagesses du monde » René Barbier entend : « toutes les formes d’intelligibilité et de sensibilité que les êtres humains, au sein des différentes cultures, anciennes et modernes, ont inventées pour symboliser et exprimer, souvent d’une façon mythique et poétique, leurs rapports à la connaissance de l’être-au-monde et à son mystère d’exister », René Barbier, L’éducation transdiscipinaire, 10 février 2003,  http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/article.php3?id_article=68

[6]  C.R Rogers, 1967, Le développement de la personne, Paris, Dunod, 270 p.

[7] Voir les réflexions  de Michel Bataille à ce propos : Michel Bataille, 1981, « Le concept de “chercheur collectif” dans la recherche-action », Les Sciences  de l’Education, n°2-3, avril-septembre 1981,37-38.

[8] René Barbier, 1988, « Culture d’hôpital et recherche-formation existentielle à l’écoute des mourants », Pratiques de Formation/Analyses, Paris, Université de Paris 8, n°15, Avril 1988, 101-122. Voir aussi, sur la même recherche : Bernard Fernandez, René Barbier, 1988, Ecoute-moi, je vais partir…Une recherche-formation existentielle à l’écoute des souffrants et des mourants à l’hôpital, Paris, Crise, université Paris 8, juin 1988,156 p. 21/29.

[9] Tendance de la psychologie contemporaine apparue dans les années 1970, en partie sur la base des réflexions de Stanislav Grof et d’Abraham Maslow. La psychologie transpersonnelle tente de mêler la psychanalyse (versant C.G Jung), les théories psychologiques humanistes et existentielles, en intégrant les savoirs philosophiques et pratiques issus des grandes traditions spirituelles. Elle s’intéresse également de près aux états modifiés de conscience ainsi qu’aux développements les plus récents de la physique de pointe. Elle se réclame d’un décloisonnement des disciplines, et d’une pluridisciplinarité féconde.

[10] Marcel Bolle de Bal, 1996, Voyages au cœur des sciences humaines. De la reliance, Paris, L’Harmattan, 2 tomes.

[11] Pour René Barbier, « la “spiritualité laïque” est une démarche expérientielle et existentielle de soi-même, indépendante des institutions religieuses. Il s’agit d’une réflexion profonde sur l’ensemble des expériences de la vie en reliance avec l’Autre et ce qui nous entoure, qui nous amène à avoir une meilleure perception du réel et une conscience de plus en plus grande de l’être humain au sein de son environnement ».

[12] Autorisation (s’autoriser à) : différent de l’agent ou de l’acteur, l’« auteur » est le sujet qui produit des objets, des pratiques et des discours relativement nouveaux, essentiellement à partir de lui-même, en fonction de désirs et de ses relations au monde et aux autres. « Noétique » : de noèse, la pensée. Pour ces autorisations personnelles d’où les dimensions transpersonnelles ne sont pas absentes, voir par exemple : Joëlle Macrez, 2004, S’autoriser à cheminer vers soi ; Aurobindo, Krishnamurti, Jung, Ed Vega, 372 p. Jiddu Krishnamurti et CG Jung étant par ailleurs des références phares souvent sollicités par la R-A transpersonnelle.

[13] Voir : Nicolas Go, 2004, L’Art de la joie. Essai sur la sagesse, Paris, Buchet Chastel, 300 p.